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1月24日

Il n'y a pas que le sexe dans la vie...

Il y a aussi l'astrophysique et l'hématologie !
 
C'est ce que je viens de découvrir. Et, parce que je ne doute pas de ce que la vérité sort de la bouche des enfants, je ne vois pas de raison objective de mettre en question ce que je viens d'entendre à la radio.
 
En effet, il était demandé à des enfants comment on fait les bébés. Et la plus belle réponse, la voilà :
 
"Quand le sexe de l'homme rentre dans le sexe de la femme, les astéroïdes peuvent aller jusqu'au globule".
 
C'est peut être pour cela que, parfois, on a des étoiles plein les yeux quand on est amoureux ?
 
Je crois que je vais relire Hawkins...
1月11日

Alerte enlèvement

Décidément, je suis de mauvaise humeur... Enfin, non, en réalité, pas du tout. Mais depuis ce matin, j'entend tous les 1/4 d'heure cet horrible message "Alerte Enlèvement".
 
Soyons clairs : j'espère de tout coeur que ces deux enfants vont être très rapidement retrouvés, évidemment. Je n'arrive même pas à imaginer l'angoisse dans laquelle doivent être les parents. Et, naturellement, si ces messages contribuent à la bonne fin de cette affaire, ce sera très bien. Et tout ce qui peut être fait est toujours intéressant, surtout en la matière.
 
Mais... Mais la forme me dérange. Un fond sonore digne du suspense le plus insoutenable. Une vraie mise en scène, sur le mode "faisez gaffe, les gens, la situation est grave".
 
Sans doute suis-je particulièrement sensible à cela, mais nous sommes en année électorale. Et je ne peux m'empêcher de me projeter et d'essayer de voir comment ce message va être entendu par les français. Vous savez, ceux là même qui, en 2002, avaient été si sensibles à l'histoire de ce vieil homme attaqué chez lui par deux "jeunes" (Paul Voise), et qui ont, directement ou indirectement, permis à JMLP d'être présent au second tour de l'élection présidentielle...
 
Honnêtement, ce message me glace le sang. Et je ne doute pas que certains vont avoir, puisqu'on les caresse dans le sens du poil, une remontée sensible du "sentiment d'insécurité".
 
Un peu de cynisme, pour finir : si j'étais un homme politique de droite, j'irais encore un peu plus loin. Je ferais en sorte que plusieurs enlèvements se produisent, histoire que les ondes fassent bien passer le message. Mais, surtout, j'essaierai de faire en sorte que le nom du "suspect" soit légèrement plus étranger que celui de ce matin. Tant qu'à faire !
 
Mais pourquoi ai-je l'esprit aussi mal tourné ?
1月9日

Faut-il vendre le Louvre ?

J'ai cru halluciner ce matin.
 
Sur une bien belle radio, j'ai entendu ce matin un débat, dans lequel, comme c'est désormais la mode, on demande à des auditeurs "lambda" de se poser en experts de sujets qu'ils pensent, pour certains, maîtriser. Avec toutes les surprises que cela peut générer.
 
Ce matin, la question de départ consistait à s'interroger sur l'intérêt de l'opération dont vous avez peut-être entendu parler : est-il légitime que les musées français soient sollicités, moyennant finance, pour aider le sultanat d'Abu Dhabi à développer un grand musée généraliste, le "Louvre d'Abu Dhabi". Y compris, peut être, en acceptant de "franchiser", en quelque sorte, la marque "Louvre". Une collaboration de 10 ans, un musée à construire sur les plans de Jean Nouvel, un support technique pour la création du fond des oeuvres de ce musée...
 
Et nous voilà dans un débat de fond sur "marchandisation de la culture contre efficacité économique".
 
Je n'ai pas la prétention d'avoir fait le tour de la question. Je n'ai même fait que survoler le sujet. Je vais peut être dire des choses idiotes ou fausses. Dans ce cas, je compte sur vous pour me ramener dans le droit chemin. Mais, si je suis d'accord sur le fait qu'il faut toujours rester vigilant à ce qui peut se cacher "derrière" les choses, il y a d'abord dans cette histoire un budget cash d'au moins 750 millions d'euro. La reconnaissance du savoir-faire français en matière de culture. Un projet de renommée internationale pour un architecte français.
 
Bizarrement, j'ai senti, dans les interventions de ce matin, un relent désagréable, du style "n'allons pas donner notre culture à ces sauvages".
 
Et, ce qui m'a laissé carrément sans voix, un argument massue est intervenu à la toute fin de la discussion, relayé par l'un des journalistes de la rédaction. "L'Origine du monde", peint en 1866 par Courbet, ou "Le déjeuner sur l'herbe", de Monet, ne pourront pas être exposés dans ce musée. Et, pour certains, cela démontre qu'un tel projet n'est pas cutlurellement valable.
 
Si l'on devait raser tous les musées dans lesquels, lorsqu'ils ont été construits, il n'aurait pas été possible d'exposer ces tableaux, les démolisseurs n'auraient pas fini d'arpenter la planète. Seul le Musée d'Orsay mériterait, selon ce critère, de rester debout. Et encore, seulement depuis 1995, date à laquelle "L'Origine du monde" a rejoint les collections du musée... Même son dernier propriétaire, Jacques Lacan, l'avait fait placer dans un cadre à double fond, dans lequel il était dissimulé derrière une autre toile.
 
Au contraire, n'est-ce pas, en étant présent et en ayant l'occasion de contribuer à un dialogue culturel, que l'on aura éventuellement, un jour, une chance de faire changer les choses ?
 
Et, parce qu'il m'arrive d'être acide, je ne peux m'empêcher de constater que, dans le même temps, les mêmes personnes qui souhaiteraient que l'on laisse le soin de s'occuper de ce dossier aux experts du Musée de l'Ermitage ou de l'une de ces autres grandes institutions internationales, seront les premières à regretter que les entrées au musée soient trop coûteuses. Coûteuses ? Mais, alors, y aurait-il déjà marchandisation de la culture ? Non, je n'ose le croire...
 
Je n'ai pas la naïveté de croire que ce budget, si, finalement, la France et le Louvre se positionnent, sera entièrement consacré au développement culturel de notre pays. Mais quoi, est-ce une raison pour ne pas saisir cette occasion de faire reconnaître une expertise au plan mondial ?
1月8日

Les Euphorismes de Grégoire

"Mais il n'écrit plus le bougre", se diront peut être certains. Alors, pour ceux que cela traverserait, je précise deux choses, d'importance inégale :
 
- j'écris encore, mais je n'écris plus pour me réconcilier avec moi-même, j'écris parce que j'aime jouer avec les mots. Du coup, j'ai moins besoin de soumettre au regard. Mes "nouvelles", vous en verrez peut-être (sans doute) passer, mais cela viendra en son temps,
 
- je crois que je ne correspond pas à l'appellation de "bougre" (relisez les Rois Maudits), même si je n'y verrais aucun problème particulier.
 
Alors, pour ceux qui ne connaitraient pas, j'ai envie de vous faire découvrir "Les Euphorismes de Grégoire", de Grégoire Lacroix. J'ai découvert ce petit livre par hasard, et, surtout, par amitié. Involontaire, mais par amitié quand même. En effet, Grégoire Lacroix, c'est le nom d'un excellent ami à moi. Je ne crois pas qu'il ait écrit "les Euphorismes de Grégoire", mais la coïncidence était trop amusante. Alors j'ai acheté le recueil les yeux fermés...
 
Dès l'avant-propos, j'ai été séduit. Parce qu'il reprend, pour ceux qui me connaissent bien (oui, je sais, ici, ça veut dire a peu près tout le monde :-)), un thème qui m'est cher, et qui m'a valu de nombreux débats...
 
Je vous le livre, cet avant-propos :
 
 
Tout est relatif et encore... ça dépend !
 
Voilà une évidence qui doit nous guider dans la traversée de ce siècle qui vient de faire ses premiers (faux) pas.
 
En effet, que voyons-nous ? Une meute d'imposteurs et autres gourous de secours qui veulent nous vendre des convictions préfabriquées, en béton armé jusqu'aux dents, s'adressant à des foules assoiffées de certitudes car elles n'imaginent pas pouvoir vivre sans.
 
Mais quand on prend une dalle de béton pour planche de salut, on se retrouve très loin sous la surface avant de constater sa méprise.
 
Il était donc temps de redonner ses lettres de noblesse au doute, qui n'est pas comme certains l'affirment une maladie honteuse, mais au contraire le ferment naturel de la lucidité.
 
Quand l'avenir est une jungle de points d'interrogations, c'est avec la machette de l'humour et de l'esprit critique qu'il faut se frayer un chemin.
 
En tout cas c'est la voie que j'ai choisie, jouant avec les idées, les mots (de façon parfois discutable, j'en conviens), jubilant des contradictions humaines, dégustant la cuisine approximative et aléatoire que nous sert la vie avec, comme dessert, ce fruit non défendu qui se multiplie quand on le partage : le plaisir d'exister.
 
Grégoire
 
 
 
Mais je ne vais pas vous laisser ainsi sur votre faim : j'ai choisi, pour commencer, un Euphorisme qui mérite d'être médité, me semble-t-il :
Elever très haut le débat est une façon élégante de le perdre de vue.
 
Un(e) volontaire pour élever le débat ?
 
Ps : vous l'aurez noté, je fais tout ce que je peux pour vous éviter la fatigue de commenter. Mais dites vous bien que c'est égoïste : cela m'évite la fatigue de devoir répondre...
1月6日

Tribute to P. M.

C'est la période. Où chacun souhaite à tout de bras "la bonne année". Sans, souvent, y mettre grand chose de profond, juste une formule creuse et vide.
 
Je voudrais ne souhaiter une bonne année à ceux que je côtoie qu'en ayant vraiment réfléchi à la question. Quelle "bonne année" veulent-ils ? Quelle "bonne année" ai-je envie qu'ils connaissent ?
 
Bref, je suis songeur... comme souvent diraient certains.
 
Tout récemment, j'ai lu quelque chose. Qui m'a fait réfléchir. Sourire. Et qui m'a rappelé que, trop souvent, les mots dépassent du cadre de la réalité et nous empêchent de voir ce qui se cache derrière eux. Une bonne façon de commencer une bonne année, non, que de remettre en perspective.
 
Alors ce texte, que j'aurais adoré avoir écrit, le voilà. Ceux qui connaissent reconnaitront. Ceux qui ne connaissent pas, inutile de chercher, ça vous évitera de me classer définitivement dans la catégorie des intellos qui... non, je ne vais pas vous dire !
 
Heureux habitants de la Lozère et des autres départements français, il n'entrait pas dans mes intentions de revenir sur les propos navrants tenus sur Mme Simone Veil par ce vieil homme aigriqu'est Claude Antant-Lara. Mais voilà que plusieurs journaux publient une sorte de pétition signée par des hommes et des femmes dont la plupart sont connus, et la majorité respectables, je veux dire n'appartenant pas aux signeurs professionnels.
 
Cette pétition s'étonne, s'inquiète et même s'indigne que nul n'ait relevé (je cite) "l'origine sexiste, la diffamation sexiste et la provocation à la mysoginie" contenues dans les déclarations autant-lareuses. dans ces déclarations sont citées à charge les expressions suivantes : "Elle ne fait que du mal, cette bonne femme", "elle devrait s'occuper de sa cuisine", ainsi que le fait d'appeler l'ancienne présidente du Parlement Européen "la mère Veil".
 
Il est évident que ces propos sont empreints d'une épaisse muflerie. Mais, la gravité me paraissant être une notion relative, je trouve beaucoup plus lourd de conséquences de regretter que Mme Veil soit rentrée saine et sauve des camps de la mort que de l'appeler la mère Veil. Je veux dire que tout le monde aurait été soulagé si les nazis, au lieu d'expédier les femmes juives dans des camps de concentration, s'étaient limités à la obliger à s'occuper de leur cuisine. Par contre, qu'est-ce que l'humainité aurait gagné si, au lieu de dire : "la mère Untel est une sale juive, foutons-la dans un camp", les antisémites avaient dit "Il s'avère que Mme Untel est israélite, confinons la dans un centre spécialisé" ?
 
Il me semble que, si l'on veut que les générations conservent la mémoire de ce que fut l'horreur nazie, pour qu'elle ne revienne jamais, il est nécessaire d'admettre qu'il y a des différences entre le mal et le mal absolu.
 
Soutenir que traiter une femme de sale juive, sale Arabe, sale négresse, sale Arménienne, etc..., est du même ordre que de l'appeler "cette bonne femme" ou "la mère machin", cela me paraît aussi justifié que de comparer les CRS aux SS.
 
Enfin, pour appeler un chat un chat, je voudrais être sûr que ce genre d'équivalence n'est pas, finalement, une injure au calvaire de ces morts.
 
Je m'attends à ce que cette chronique me vaille des objections et même des injures. Je signale à tous ceux ou toutes celles qui me traiteraient de pauvre mec que je considèrerai cette insulte comme une provocation à l'androgynie, non, pardon, je veux dire à l'androphobie ou à la misandrie.
 
Je vous souhaite le bonjour.
 
P. M. - 28 septembre 1989
 
 
 
Bon... Eh bien il ne me reste qu'à vous souhaiter une bonne année, je crois...