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18 ottobre

Les paradoxes de la science...

Cette semaine, pour mon travail, j'arpente les sites d'information nutritionnelle, et je récolte des brèves, plus ou moins fascinantes. Et, là, ce matin, au milieu de ma cueillette, une petite perle... Lorsque je suis tombé dessus, hier soir, je n'ai rien vu : elle ressemblait à un vulgaire petit caillou, dans le noir. Mais, avec le petit rayon de soleil de ce matin, j'y découvre de nouvelles facettes, et je viens de me surprendre à m'éloigner dans mes pensées...
 
Cette brève indique que, pour vivre vieux, il vaudrait mieux boire du vin que de la bière. Les études épidémiologiques auraient permis d'observer que les buveurs de vin vivraient plus longtemps que les buveurs de bière. Soit. Je suis convaincu d'avance, alors, forcément, mon oeil (le gauche, il est directeur !) s'allume. Je vais vivre plus longtemps (que quoi, peu importe, après tout, mais plus longtemps !). Depuis le temps que l'on vous dit qu'il y a dans le vin quelque chose de spécial... Ah, non ? Ce ne serait pas pour ça ? Voyons la suite...
 
A partir de ce constat, des scientifiques danois ont mené une étude sur le sujet. N'écoutant que leur courage (la profession de scientifique est parfois si aventureuse !), ils ont... épluché plusieurs milliers tickets de caisse, en les classant : sans vin, avec vin, sans bière, avec bière, avec spiritueux, sans spiritueux. Et le résultat est éloquent : les acheteurs de vin achètent également sensiblement plus de fruits et de légumes, plus de volaille, plus de fromage allégé, plus de lait que les acheteurs de bière et de spiritueux.
 
Evidemment ! Je le savais ! Le vin, c'est une certaine forme d'art de vivre, qui fait que nous aimons davantage manger de bonnes choses. D'ailleurs, moi même, quand je bois, exceptionnellement, une bière, ce sera avec de la "junk food", une pizza, des chips, des saucisses (ah, non, quand même pas... mais, dans l'étude, si !).
 
Ah, mais non, ce n'est toujours pas cela, d'après les chercheurs...
 
Car ils concluent en évoquant un biais dans leur étude : les tickets de caisse des acheteurs de vin sont sensiblement plus élevés que les autres. Et, en fait, si ça se trouve, pour vivre plus longtemps, il faut surtout avoir un meilleur pouvoir d'achat. C'est donc ça ? Bon... eh bien, alors, finalement, la vie est belle : par rapport à l'essentiel de la population mondiale, je vais quand même vivre "plus longtemps". Et même en buvant du vin, c'est vous dire...
 
"Mais où donc ses pensées se sont-elles enfuies ?", se demandent peut-être ceux d'entre vous qui se rappellent du premier paragraphe... Eh bien, en fait, je trouve que cette brève est absolument parfaite. Elle ramène la science à sa réalité. Tous, nous voudrions que la science donne des réponses. Mais elle ne fait, la plupart du temps, que poser de nouvelles questions, en soulignant des angles que nous n'avions pas vu jusque là. Et c'est déjà tellement énorme, car c'est le premier pas - mais il est essentiel - pour pouvoir un jour y répondre...
11 ottobre

Voyage, Voyage...

Il est des scènes que je m'en voudrais de rater... et que le train m'offre avec constance.
 
Jeudi soir, 18h, TGV Lille-Paris. Voiture de seconde. Je suis arrivé le premier, et, forcément, mon voisin, en chemise quasi hawaïenne, et qui sera finalement le fil rouge du voyage (nous allions tous les deux jusqu'à Orléans...), est le second à entrer. Naturellement, puisque le train va être bondé, pas question de profiter de l'espace.
 
Et puis le flot commence, avec son lot de curiosités, digne du cabinet du même nom. En vrac...
La BCBG à la petite cinquantaine, qui, grâce à son portable, parvient à informer tout le monde de sa passionnante existence. Mon seul regret, que, lorsqu'elle demande à son interlocteur (ou trice) si cela lui convient d'être invité à déjeuner, aucun de nous n'ait répondu.
Un couple, une bonne soixantaine, d'origine indo-pakistanaise (je lie les deux par ignorance, pas dans un sens affirmatif), accompagné de leur fille... que nous avons failli emmener alors que ce n'était pas prévu.
 
Et puis... Et puis, le bouquet ! Elle arrive. Grance, blonde, coiffée au carré, petites lunettes rectangulaires, chemise blanche et veste en lin (bleue, la veste), la quarantaine bien sonnée... mais déjà un pli amer à la bouche. Comme si l'idée de passer une heure avec nous lui répugnait d'avance. Elle progresse dans le couloir, scrutant les numéros de place... et s'arrête un rang après le mien, en tendant un doigt accusateur vers le jeune homme qui occupe "sa" place. C'est le drame !
 
Le jeune homme se défend : lui a la "58", déjà occupée quand il est arrivée, d'où son invasion de la "57". La vindicte populaire, comme les mouches, changent illico d'âne ! C'est donc ce cadre cinquantenaire, bien sur lui, plongé dans la contemplation (de dos, je n'oserais l'affirmer béate, la contemplation) du "Macro-schéma de la nouvelle organisation", qui est l'odieux usurpateur ? Haro sur le boutonné (de manchette) ! Lequel n'en a, visiblement, cure...
 
L'heureux possesseur de la "56", un honnête barbu (qui s'avèrera plus tard être le lecteur d'un journal en arabe... moi qui adore lire ce que mes frères de voyage lisent, je suis refait !) propose aimablement de céder sa propre place, côté couloir, afin de la laisser à la dame, si elle ne souhaite pas la fenêtre, si cela peut la satisfaire.
 
Malheureusement, le pli amer s'accentue : c'est le sens de la marche qu'elle avait réservé, et dont elle se trouve odieusement flouée...
 
Non sans un regard de dégoût (dans lequel tout le genre humain semble convoqué), elle rend finalement les armes, et s'assoit en maugréant, dos à Paris. Désormais, pour tenter d'oublier, elle lit "L'Apparition" (Van Cauwelaert), seulement troublée, parfois, par les sonneries des téléphones portables...
 
Et le rustre, devinez ce qu'il fait ! Il a rangé l'important dossier sur la réorganisation des services, et il dort, insoucieux de la détresse de celle qu'il a repoussée aux confins du vivant ! Monde cruel...
 
Mais le Malin est décidément partout. Alors que, d'une dernière réplique assassine, la dame se purge de ses derniers venins, de l'autre côté du couloir, un nouveau drame se noue. L'homme installé en face de notre couple indo-pakistanais pianote sur un petit bijou d'Asus. Un Asus blanc hyper-compact, assorti à son téléphone portable à fond d'écran au logo de Louis Vuitton... Summum du bon goût... Longtemps, la seule chose visible est le fond d'écran, un drapeau israélien déplié.
 
Soudain, il fait pivoter la web-cam intégrée, lance LifeFrame... et se met à filmer sa voisine d'en face ! Oh, certes, sans intention, et sans cadrer autre chose que son bras sanglé dans un imper qui, s'il n'était blanc, rappellerait le riant uniforme d'une milice... Mais cela dure, de longues minutes, avant qu'il ne cadre finalement sur son visage... juste avant de finalement pivoter à nouveau vers lui la web-cam. Ouf ! L'honneur est sauf.
 
Après avoir consulté quelques photos, il sera enfin temps d'en venir aux choses sérieuses : les chiffres de ventes du magasin, classés par marques (Harcourt, Converse...). Quelques bien belles photos de chaussures plus tard, il sera temps de changer la batterie de l'engin...
 
Non loin derrière moi, un téléphone (oh, celui de ma première victime !) ne cesse de grelotter (pour le coup, on dirait vraiment la sonnerie des téléphones des années cinquante, vous savez ces petites sonneries grèles). Pour la 5e fois en à peine 40 minutes, il se rappelle à notre bon souvenir. Heureusement, pas trop dérangée par la brève conversation qui s'ensuit, la BCBG peut se retourner vers la vitre et poursuivre son somme là où elle l'avait laissé.
 
Mais déjà, nous arrivons en gare. Fin des histoires. Métro. Autre train. Routine...
05 ottobre

40 ans après...

Je ne connais pas bien l'histoire véritable du Che. Je ne suis pas un admirateur, ni de lui, ni des autres idoles que l'on aimerait nous donner... Alors, si aujourd'hui, je réagis, c'est parce que les médias parlent abondamment de lui, mais cela pourrait concerner n'importe laquelle de ces "figures tutélaires" que l'on brandit devant nos yeux.
 
En réalité, je suis toujours dérangé par ces admirations sans recul, par ces idéologies aveuglées, par ces formes de cécité volontaire. Je ne parviens pas à croire à l'existence de dieux qui seraient parfaits (ni même à ceux de ces religions qui, les humanisant, les rendent imparfaits), comment, dès lors, pourrais-je croire à des hommes qui, eux le seraient, parfaits ?
 
Mère Teresa a fini par avouer ne pas avoir été parfaite. L'abbé Pierre n'a pas été irréprochable, du moins en paroles (!!!). Comment imaginer que le Che aurait pu être cet être improbable que la mesquinerie, l'envie, l'imperfection... auraient épargnées ?
 
Qui entretient cette religion laïque ? Qui veut nous faire "croire" ? Dans quel but ? Pour quel profit ?
 
Attention, en disant cela, je ne remet même pas en cause son combat, leur combat. Qu'ils aient incarné un idéal, pourquoi pas. Mais cela m'inquière toujours, que l'on veuille transformer un combat humainement imparfait en une religion. En général, cela masque des choses trop noires pour être assumées...
 
Culte.
Vénération.
Religion.
 
Autant de manières de nier le réel, et de créer un monde illusoire...
03 ottobre

Coup de gueule (encore...)

Je suis abonné à quelques newsletters traitant de la communication et de e qui tourne autour. J'y trouve parfois des idées à creuser, parfois des informations qui m'attirent l'oeil, parfois juste un éclairage sur tel ou tel point.
 
Et, parfois, j'y trouve une source d'agacement.
 
Oh, je ne m'y trompe pas : ce qui m'énerve à un instant T m'aurait probablement laissé totalement froid à de nombreux autres moments. Mais, voilà, des fois cela me donne envie de réagir.
 
Ici, c'est une information "festive" qui m'a fait bouillir les sangs. Kronenbourg s'est associé à Emmanuel de Brantes pour créer un coffret qui va "célébrer la nuit", dans le cadre d'une action "artistique". J'en suis encore assis...
 
Ce qui m'agace, dans tout cela, c'est que cela va probablement marcher. Il va y avoir suffisamment d'abrutis pour céder à la nouveauté, au côté décalé du truc. Et permettre de créer de la valeur à partir d'éléments qui n'en ont pas (pardon pour les adorateurs d'Emmanuel de Brantes). Je ne comprend pas, des choses m'échappent.
 
Et que l'on ne vienne pas me parler d'art. Faire de l'art, c'est un travail, et, souvent, une souffrance. Ce n'est pas se comporter en parasite d'une société dévoyée qui fait euro de tout bois (on voit d'ailleurs le résultat, en terme de déforestation...). Ce n'est pas vivre aux crochets d'autres inutiles.
 
Le seul intérêt que je leur reconnais ? Celui d'illustrer une vérité profonde : notre existence n'a aucune importance. Aucune valeur intrinsèque. Elle n'est que ce que nous en faisons. Et que nous n'en fassions rien ne change rien à l'échelle de l'humanité, et, moins encore, à l'échelle de la planète.
 
Mais, voilà, moi, cette nouvelle opération ne me donne qu'une envie : passer mon chemin. Ne plus faire semblant d'appartenir à ce monde. Au risque d'en devenir extrême, surtout quand j'écris sous le coup de l'énervement... Je vais en revenir à des choses réellement artistiques : sur le thème de la nuit, il n'en manque pourtant pas...