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22 febbraio L'entreprise doit-elle être sociale ?Il y a quelque chose que j'ai du mal à comprendre... Finalement, quand j'y pense, c'est assez fréquent, que je ne comprenne pas ce qui m'entoure, il y a peut être là une piste à creuser... Bref.
Je disais donc que j'ai du mal à saisir ce que nous (au sens collectif) attendons des entreprises. On s'étonne des profits de Total ou d'EDF. Mais quelle est la fonction d'une entreprise, sinon de dégager des bénéfices ? C'est, il faudra bien qu'on finisse par l'accepter l'ultime et unique fonction d'une entreprise en tant que structure.
Qu'ensuite on attende des dirigeants, individuellement, d'avoir des préoccupations sociales, d'être (juste) honnêtes, d'avoir le sens des responsabilités, ok. Mais de la même façon que l'on accepte, parce que c'est ainsi, que les états puissent avoir des "raisons d'état" et puissent avoir parfois, pour le bien collectif, à prendre des décisions difficiles à titre individuel, je crois qu'il faut aussi l'entendre de la part des entreprises.
Je sais, cela peut paraître choquant a priori. Mais essayons d'aller un peu au-delà de l'épidermique.
Notre société est basée sur le principe de la propriété individuelle, et de la transmission de celle-ci. Soit, c'est un postualt de départ, que j'ai déjà eu l'occasion de remettre en cause (en suscitant d'ailleurs, pour ceux qui s'en rappellent, une quasi-unanimité contre moi... ce qui signifie bien que vous acceptez collectivement ce postulat), mais c'est un autre débat.
A partir de là, le principe même d'entreprise doit être considéré de ce point de vue. Le rôle d'une entreprise est d'assurer sa propre pérénnité, et d'assurer par là-même, la fructification des capitaux individuels investis. C'est l'unique raison d'être d'une entreprise.
Cela ne signifie pas que je jette la question sociale aux orties. Bien au contraire, mais simplement qu'elle n'appartient pas au même champ sémantique. La question sociale ressort de la responsabilité politique, au sens strict du terme, et non au monde économique.
Mais les politiques, comme ils en ont l'habitude, préfèrent, depuis quelques années, botter en touche. Ils essayent de renvoyer leurs responsabilités hors de leur monde. Ils rêvent d'entreprises sociales, d'entreprises patriotes... Et pourquoi pas 100 balles et un Mars, aussi ?
C'est l'état, sous la pression et le contrôle des citoyens, qui doit décider comment est gérée la question sociale. Et c'est bien là le problème... Car cela nous renvoie, chacun, à nos propres choix égoïstes. Il suffit d'entendre ce que les uns et les autres pensent des impôts qu'ils payent. Du calcul si souvent fait de ce que nous payons chacun et de ce que nous en retirons directement.
Ai-je réellement envie de payer pour que des "pauvres", des "alcooliques irrécupérables", des "camés au dernier stade", des "noirs", des "arabes", des "homos dépravés", qui ne se prennent même pas en main, puissent être soignés et logés gratuitement ? Et le fait que je n'en ai pas forcément envie m'autorise-t-il, du coup, à attendre que d'autres le fassent à ma place ?
Ah, évidemment, c'est rassurant pour ma conscience, de me dire que les profits d'EDF pourraient quand même servir à cela. Mais quel sens cela a-t-il ? Eventuellement, je comprendrais qu'un courant s'exprime pour exiger que l'état fixe le prix de l'électricité (même si je ne suis pas sûr que ce soit un progrès, du point de vue de l'humanité), mais je ne vois aucune raison que nous décidions que ces profits soient utilisés à régler des problèmes que nous refusons de prendre en charge individuellement.
Tout cela est très fouillis... J'en suis conscient. Mais, que voulez-vous, j'écris quand ça vient, parfois sous la pression de l'horloge qui me rappelle que, pour payer mon loyer et contribuer aux profits d'EDF, je dois aussi respecter mes horaires de travail...
Mais je vous laisse tout ça en vrac, et avec un peu de temps en prime.
Car je pars en vacances. J'en ai terriblement besoin, pour tout dire. La première vraie semaine de vacances depuis... allez, ne sombrons pas dans le pathos. Je vais aller m'aérer les neurones, me vider la tête, recharger les batteries, retrouver la vraie vie. Il y a urgence, je suis en surchauffe... 21 febbraio L'humanité toute crue...Une fois n'est pas coutume... J'ai souvent du mal avec Daniel Mermet, sur France Inter.
Mais aujourd'hui, c'était une tranche de vie. J'allais écrire un moment de grâce. Mais non, au contraire.
Irène et son camion, interviewée par une journaliste. Irène, née par accident, dont la mère a été remariée quasi de force à un violent qui a fini par la tuer sous les yeux de sa fille, avant de lui tirer dessus (elle a été amputée d'un bras). Placée dans une sorte d'orphelinat, tenu par des soeurs, dont elle sera chassée après être tombée enceinte, toujours par accident. Et lâchée sur le trottoir parisien, après la mort de sa fillette...
Aujourd'hui, Irène, à l'âge où l'on est censé profiter de sa retraite, part travailler le matin avec sa camionnette. Raconte les difficultés à cohabiter avec les "gitans". Explique sa version à elle de la mondialisation, depuis que les tarifs sont sans cesse revus à la baisse depuis l'arrivée des africaines (lucioles perdues sans collier) et des slaves.
Elle revit la mort de son ami, et l'on sent dans sa voix toute la douleur d'avoir été, une fois de plus abandonnée.
Bref, Irène, alors qu'elle ne sombre à aucun moment dans les lamentations, est la preuve vivante que tous les discours des hommes qui cherchent désespérément à justifier la prostitution sont nuls et non avenus. Elle n'a pas eu réellement le choix, ou le choix était biaisé, même si elle assume ce non-choix. Qu'elle en prend sa part pour elle.
Irène incarne tout ce qui ne fonctionne pas dans notre monde... Les mystères d'internet...Il y a des choses qui métonnent toujours...
Ainsi, Google a fait venir jusque sur mon blog quelqu'un qui avait lancé la recherche "free sexe couple bi les deux".
Alors, naturellement, je m'interroge sur les raisons qui font que Google ait pu penser à moi dans ce contexte là. Suis très modérément bi et pas très free. Mais, ça, à la limite...
Non, pour une fois je comprends l'embarras de Google.
Mais que peut-il bien se passer dans la tête de celui (ou celle, allez, on ne m'accusera pas de sexisme) qui a lancé une telle recherche. Je l'imagine tapant laborieusement sa requête, en tirant la langue. Avec, je le lui souhaite, la quasi-certitude de ne pas trouver réellement ce qu'il cherche (a priori), mais d'innombrables moteurs de recherches tout prêts à l'emmener jusque sur des sites censés répondre à tous ses désirs, même les plus inavouables...
Si tu repasses par ici, désolé, ce n'est pas une bonne adresse. Mais n'hésites pas à me parler de tes motivations... 20 febbraio Le retour de la grippe aviaire...Hier soir, grand retour médiatique de la grippe aviaire. Une émission entière consacrée à cette maladie ! Quelle aubaine.
Une fois de plus, je suis étonné. Etonné de notre capacité à tous à nous affoler de tout et de rien. Attention, je ne suis pas en train de dire que les cas de décès liés à cette maladie sont négligeables : toute mort est un drame en soi. Mais...
Mais quand je vois ce que l'on nous a fait autour de ces 167 morts. Oui, 167 morts en 5 ans et dans 11 pays. Autrement dit, 3 cas en moyenne par pays et par an. Imaginez que l'on fasse un tel battage de toutes les causes de mortalité entraînant 3 cas par an ! Nous aurions un nombre inimaginable de ces émissions anxiogènes, tous les prime-time de TF1 n'y suffiraient pas.
Grande soirée "Faut-il avoir peur des peaux de bananes ?" (12 morts par an)
Dossier spécial "Attention à l'étouffement par bouchon en plastique"
Je rigole ? J'ai tout de même relevé, dans les statistiques luxembourgeoises pour 2003, 1 mort par chute de lit, et 1 mort par chute de chaise (oui, ce sont des chiffres sérieux, que vous pouvez retrouver ici, en page 14 du rapport : http://www.ms.etat.lu/SRV_STAT/Publication/Deces2003Extrait.pdf). De là à en faire une grande cause mondiale...
J'ai entendu une réflexion intelligente, hier soir. Une journaliste, commentant la situation en Indonésie, faisait remarquer que, dans un pays qui, depuis quelques années, s'est retrouvé confronté à un tsunami, de fréquentes attaques terroristes, des naufrages à répétition..., on ne pouvait pas s'étonner que la grippe aviaire et ses 17 morts ne soit pas une priorité... Et oui, nous avons, dans nos pays, la chance de pouvoir nous affliger pour 150 morts. Mais n'oublions jamais que c'est un luxe... un luxe que nous faisons payer à toute la planète !
Soyons sérieux. Depuis 15 ans, j'entend les médecins annoncer qu'un jour, une grande épidémie de grippe fera des millions de morts. Quand ? Ils ne peuvent pas le dire. La seule chose sûre, c'est que cela arrivera. Comme la grippe espagnole en son temps. Parce que nous ne maîtrisons pas tout. Que la Nature a des ressources que nous n'avons pas. Alors soyons vigilants, mais pas ridiculement... 19 febbraio Il est mort...Oui, Papon est mort. Mais cette histoire continue à me laisser un goût désagréable dans la bouche.
Quand je reprends l'histoire de ce haut fonctionnaire, qui a occupé parmi les plus hautes fonctions de l'état français, je ne suis vraiment pas fier d'être français. Ses "hauts faits", aussi bien comme préfet de Gironde qu'en tant que Préfet de Police de Paris ne m'incite pas à la mansuétude pour cet homme qui, jusqu'au bout, n'a exprimé ni regret ni remords.
Finalement, cela me donne à penser que, plutôt que de bêler encore avec les hordes panurgiennes, j'espère, quand il en sera temps, avoir et des regrets et des remords.
Parce que je suis humain, et faillible. Que je ne suis pas un héros. Que j'ai des faiblesses et que je ne suis pas capable de dire si je suis courageux (on ne le sait réellement que le jour où l'on est confronté à une situation qui le mérite... ce qui, dans notre société aseptisée, est rarissime !). Et que, donc, j'ai et j'aurais encore toutes les occasions de me donner l'occasion d'avoir et regrets et remords.
J'avoue que tout le décorum qui entoure cet homme à l'heure de sa mort m'exaspère. Que son avocat vienne encore battre le rappel pour qu'il porte la Légion d'Honneur dans son cercueil... Quelle pantalonnade. Preuve ultime de ce que cet individu était plus sensible aux honneurs qu'à l'honneur !
Mais qu'à titre individuel il ait choisi de "suivre" l'occupant plutôt que de le combattre... Est-ce bien critiquable ? Je suis toujours effaré de constater que, à en croire les discours, nous devrions avoir eu 95 % de résistants en France... Pourtant, les chiffres montrent qu'il n'en était rien. Et de loin. Car il est toujours difficile, et cela demande, pour le coup, un vrai courage, physique et mental, pour prendre les armes contre un occupant dont la position parait bien assurée...
On peut naturellement surtout lui reprocher d'avoir fait plus que ce que l'on attendait de lui. Soit. Et d'en avoir fait le tremplin de sa carrière. Comment peut-il seulement avoir continué à se regarder dans la glace ?
Je sais, j'entends d'ici les soupirs de commisération de certains. Je sais, je suis définitivement perdu pour l'efficacité politique. Je sais, je suis d'une faiblesse coupable. Eh bien soit. Une fois de plus je l'assume. Ma sentimentalité débordante est peut être un frein à l'ambition... Mais, pour paraphraser une citation célèbre : "Ambition sans conscience n'est que ruine de l'âme".
J'accorde plus d'importance à mon intégrité qu'à ma réussite...
ps : en écrivant, une image s'est formée dans mon esprit. J'ai vu ces petits chefs, ces médiocres, qui, choisissant de se plier aux exigences de ceux qui les encadrent, en arrivent même, pour s'auto-justifier, à aller au-delà de ce que l'on attend d'eux. C'est le prix de leur médiocrité, qui, finalement, leur sert souvent de marche-pied... Comprenne qui pourra. 08 febbraio Tête hauteHier, j'ai (encore) écouté la radio, et cela m'a donné envie de lire. De lire le livre dont son auteur (désolé, je bloque sur "auteure") était venue parler.
De lire, donc, Tête Haute, de Memona Hintermann. Grand reporter, on peut la voir et l'entendre de temps en temps sur France 3 (enfin, je dis de temps en temps, honnêtement je ne peux pas le dire, puisque j'ai, depuis finalement pas mal de temps, renoncé à suivre toute émission "d'information" à la télévision, tellement cela me donne l'impression d'être manipulé...). Bref, je l'ai vue épisodiquement dans ma "lucarne magique", et j'avais en tête l'image d'une femme forte, lisse, policée, plutôt directive, volontaire. Professionnelle.
Et là, j'ai découvert une femme de passion, de convictions, de volonté. Son enthousiasme m'a impressionné. Et j'ai très envie de lire son livre. Dans lequel elle raconte, outre son parcours (hors du commun, on ne peut dire moins... métis, fille d'un musulman et d'une catholique, réunionnaise, avec des frères et soeurs qui, a eux tous, couvrent pratiquement tout le spectre religieux et racial, élevée à l'école de la République, fréquemment confrontée au regard de l'Autre), elle donne sa vision de ce que devrait le modèle d'intégration.
Je n'ai pas lu, pas encore. Mais je vais le faire. Et j'ai hâte. Parce que ce que j'ai entendu de sa part me donne l'impression d'une vraie ouverture, d'une vision pure et d'un espoir qui méritent d'être écoutés et entendus.
Elle semble avoir notamment une vision très "non conformiste", et, surtout, "politiquement incrorrecte", des questions de l'immigration, du racisme, du passé colonial de la France.
Je n'ai pas lu, donc je ne peux pas conseiller. Mais si vous tombez dessus dans une librairie, jetez un oeil... Je ne crois pas que cela sera du temps perdu... 07 febbraio Irresponsabilité...De quoi parlais-je donc, par la voix de George Chesbro, voilà à peine deux billets ? De l'importance, mais surtout de la difficulté qu'il y a à assumer ses responsabilités, et à accepter que les autres assument les leurs ?
Depuis 1 heure, je m'agace. Une magnifique émission de radio, encore, vous savez, de ces émissions où peuvent s'exprimer des "anonymes". Le thème : les agences de voyage et toutes les "arnaques" des voyages.
Un auditeur mécontent vient ainsi expliquer qu'il est incroyable de ne pas être bien traité lorsque tu payes 1700 euro pour partir à 2 une semaine au Mexique, que la compagnie aérienne (Excel Airlines ou qq chose du style), annoncée comme compagnie régulière, était en réalité un charter, que la climatisation dans la chambre ne fonctionnait pas...
1700 euro pour deux au Mexique ? Pour un charter et une chambre sans clim ? Et il se plaint ? Mais où suis-je ? Dans quel monde vis-je ? S'il veut une compagnie régulière, il n'a qu'à la payer, en choisissant si possible Air France, s'il veut faire du "patriotisme économique". Il en aura probablement pour ce prix là pour le vol, et pour une seule personne ! Alors stop.
On veut aller à l'autre bout du monde, sans en payer le prix. Etre considéré comme un voyageur d'exception sans en payer le prix. Vivre dans le luxe, sans en payer le prix. Et pourquoi pas 100 balles et un Mars, en plus ?
Je n'en peux plus de tous ces cons qui m'entourent, qui me cernent. Qui ne regardent que leur nombril et ne se posent pas une question. Qui se sont encore illustrés dans la remarquable émission de TF1 avec Nicolas Sarkozy, en se livrant à une hallucinante succession de récriminations auto-centrées.
Du même tabac, dans les réflexions entendues ce matin, une association qui défend (et souhaite attaquer les agences de voyage) les pauvres voyageurs qui se sont fait avoir par le dépôt de bilan de la compagnie Air Madrid... et dont certains sont encore bloqués en Amérique du Sud. Pourquoi sont-ils encore bloqués là-bas ? Parce qu'ils n'ont pas les moyens de se payer le retour par une compagnie normale ! Mais dois-je plaindre celui qui ne peut pas rembourser des crédits contractés sans avoir la capacité de les rembourser ? Eh bien je ne peux pas davantage plaindre ceux qui ont voulu vivre au dessus de leurs moyens ! Cela peut paraître cruel, mais ça va bien, de plaindre tout le monde, y compris les plus irresponsables.
Alors, oui, je suis pour faire payer les idiots pour leur idiotie, les inconscients pour leur inconscience (genre ceux qui obligent à déployer les secours en montagne ou en mer parce qu'ils ont pris des risques inconsidérés...). Et qu'on arrête de leur ouvrir des tribunes où ils peuvent venir étaler leur incurie ! J'essaye toujours de faire ce que je peux me permettre de faire, et, quand je n'en ai pas les moyens, soit j'essaye de me les donner, les moyens, soit je réduis mes prétentions, soit j'accepte et j'assume le risque ! 06 febbraio Association d'idées...Il n'est pas rare que, au réveil, je fasse soudain un lien entre deux choses qui n'ont pas forcément de rapport, et que je sois moi-même surpris du résultat.
Ce matin, je me suis souvenu de la visite pré-nuptiale. Pour ceux qui l'ignorent, lorsque vous vous mariez, parmi les pièces du dossier à déposer en mairie, il y a le "certificat pré-nuptial".
Celui-ci doit être établi par un membre du corps médical. Non, inutile de fantasmer, il ne s'agit pas, pour Monsieur, de démontrer à d'accortes infirmières qu'il est capable d'assumer ses devoirs conjuguaux, ni, pour Madame, de faire valider par de jeunes éphèbes la qualité de ses prestations.
Bien plus prosaïquement, il s'agit d'une visite médicale de courtoisie (tarifée, cependant, la courtoisie, seule concession à la vénalité), durant laquelle votre médecin doit vous prendre la tension (pour vérifier que vous êtes capable de supporter le stress du mariage ?), éventuellement aborder la question de la vaccination, prescrire à Madame, si elle n'a pas encore d'enfants, une prise de sang pour déterminer son "statut" toxo et rubéole. Un de ses rôles est également de suggérer aux futurs époux un test du VIH.
J'avais, à l'époque (oui, déjà 12 ans), trouvé curieux (under-statement !) que l'on suggère de faire le test, mais qu'il n'y ait pas d'obligation de communiquer les résultats à son/sa futur(e). "Liberté individuelle", m'avait-on cependant rétorqué. Il ferait donc partie des libertés individuelles de contaminer son conjoint, soit. Autrement dit, la société a décidé de laisser chacun assumer ses responsabilités, parce que, que diable, nous devons nous considérer comme des citoyens responsables. Dont acte.
Ce matin, est venu se greffer à ce souvenir l'écho d'une émission de radio d'hier soir, où il était question de tabagie. Avec les nouvelles réglementations, tous les lieux publics deviennent non-fumeur. Parce que la liberté individuelle, c'est bien connu, doit s'arrêter là où commence celle du voisin. Et que, visiblement, la société considère qu'en matière de cigarette, compter sur notre seule capacité à être responsable n'est pas suffisant.
Ce débat m'a agacé. Non pas dans l'idée de dire que les non-fumeurs (je suis non-fumeur) ne doivent pas avoir la possibilité de disposer d'endroits où ils savent ne pas être importunés par la fumée si elle les dérange, mais parce que cela me semble être excessif que d'en faire une grande cause nationale (et même européenne, pour le coup). Je ne peux pas m'empêcher de retrouver mon côté frondeur lorsque je lis dans les gares SNCF que les quais, en plein vent, sont des endroits publics où il est interdit de fumer... Ca me donnerait presque envie d'aller en griller une petite, juste pour signifier mon incompréhension/opposition...
Pour vous dire, je serais même d'avis qu'on laisse les restaurants pratiquer à leur guise, considérant que je suis assez grand, si je suis incommodé par la cigarette quand je mange, pour ne plus fréquenter les établissements qui laisseraient les fumeurs s'ébattre en liberté (il n'est écrit nulle part que chacun de nous doit forcément apprécier tous les lieux publics... sinon, on pourrait aussi interdire la musique, des fois que cela heurte l'oreille de certains... imaginez : toutes les chansons débiles dont nous ne manquons pas interdites de diffusion dans les lieux publics... ça aurait de la gueule, non ?).
Mais surtout, j'ai réalisé ce matin le paradoxe qu'il y a à penser qu'un jour, peut être, le dernier bastion de la liberté individuelle sera d'être légalement autorisé à cacher à son conjoint qu'on est séropositif. Ce jour là, s'il doit arriver, je me sentirai obligé de soutenir cette dernière bribe de liberté, alors qu'elle me choque sur le fond. Décidément, notre monde marche sur la tête... 02 febbraio Le Rêve d'un Aigle Foudroyéle 30 janvier 2007 J'ai déjà eu l'occasion de le dire, de le crier, de l'écrire, et même de le prouver à certains d'entre vous : George Chesbro est un de mes auteurs préférés. Bone, l'un de mes livres favoris. Et la série des "Mongo le magnifique", l'une de mes séries fétiches. Si certains débarquent encore de la lune, Mongo est le personnage central d'une série de 12 romans policiers. Héros hors du commun. Nain, ex-vedette de cirque, ceinture noire de karaté, Docteur en criminologie, et détective privé. Avec, toujours en toile de fond, des milieux interlopes : sorciers, vaudou, monde du cirque et des "freaks", déséquilibrés de tout poil. Que Mongo sait écouter et entendre. Pourquoi donc ai-je envie de vous parler de lui et de son auteur ? Parce que j'aimerais que les anti-américains primaires le lisent. Et y découvrent que certains ont une sensibilité... Mais j'ai décidé plutôt de lui laisser la parole, sur un passage que j'aime particulièrement parce qu'il me parle de beaucoup de choses. C'est un extrait du dernier livre de la série, le 12e. Que je finis de relire. Mongo y est face à un représentant extrême du parti conservateur, son porte-parole (le "Speaker").
- Essayez-vous de faire appel à mon patriotisme, Monsieur le Speaker ?
- Et alors ? répondit-il. Le mot "patriotisme" est-il un gros mot pour vous ?
- Dans la bouche de certains, oui. C'est une arme, qui trop souvent sert à abattre d'autres personnes. C'est un mot qui tue. Le patriotisme n'est qu'une forme de religion, et comme toutes les religions, celle ci est mauvaise pour chaque individu, et fréquemment mortelle pour les gens qui l'entourent. Soit dit en passant, j'ai été pourchassé, capturé et torturé par le KGB plusieurs fois, alors vous pouvez remballer votre épouvantail. Je connais ce monstre bien mieux que vous.
- Vous êtes athée, n'est-ce pas ?
- Ma mère m'a appris à ne jamais parler de sexe, de religion ou de politique en société. Disons simplement que si ça ne tenait qu'à moi, je ferais apposer sur tous les lieux de culte à travers le monde un panneau indiquant : "Les théories sur la Création et les fantasmes intégristes en vente dans cet établissement nuisent à votre santé et à celle de votre entourage."
- Donc, vous n'aimez pas Dieu. Comment pouvez-vous vivre sans Lui ?
- Comment pouvez-vous vivre avec ? Je reconnais que c'est parfois dur d'assumer la responsabilité de ses actes et de tenir les autres pour responsables de leurs actes, malgré cela, je ne comprends pas comment vous pouvez vivre avec ce comique machiste et grincheux que beaucoup d'humains appellent Dieu. Pour moi, c'est un vrai mystère. Si je croyais à cette divinité, je me mettrais à la recherche d'un remplaçant convenable. Franchement, votre type-là, il n'est pas seulement inutile, il est capricieux et partial.
- Vous n'aimez pas non plus votre pays ?
- Je ne crois pas que les pays soient faits pour être aimés ou detestés ; ils devraient être constamment améliorés par les gens qui vivent à l'intérieur de leurs frontières, et surtout par leurs dirigeants. Des gens comme vous. Vous me demandez si j'aime cette entité géographique baptisée Etats-Unis. A mon tour je vous demande si vous pensez vraiment la rendre meilleure en créant des divisions avec vos paroles et vos actes. Même si je n'ai qu'à moitié raison, si une grande partie de ce qui sort de votre bouche n'est que du baratin, une stratégie pour rester en place, toucher votre paye de sénateur et accumuler toujours plus de pouvoir, peut-on parler de patriotisme ?
A mon grand étonnement, il ne répondit pas. A mon plus grand étonnement encore, je me surpris à lui accorder un certain crédit pour la franchise de son silence. Et à mon immense étonnement, je me sentis proche de cet homme, à défaut d'éprouver la moindre affectioin pour lui.
- Je pense que les Etats-Unis représentent la société la plus diversifiée et la plus complexe du monde, monsieur le Speaker, repris-je. Quiconque essayer de la réduire à telle ou telle image se fourre le doigt dans l'oeil. Nul ne peut dire qu'il comprend ce pays. Un pays où il se trouve toujours quelqu'un pour écrire cela mérite un minimum le respect. Non ? |
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