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3月30日 L'évangile selon PilateEn ce moment, mes lectures me parlent. Encore plus que d'habitude. Pas un livre qui ne me soit tombé sous la main ces 3 derniers mois qui ne m'ait évoqué l'un ou l'autre débat récent, souvent sur la blogosphère... Et le dernier en date ne fait pas exception. Je termine ce soir L'Evangile selon Pilate, d'Eric-Emmanuel Schmitt, et voilà encore qu'il me ramène quelques mois et quelques semaines en arrière, dans des considérations échangées de-ci, de-là avec certains de vous, et avec d'autres, qui ne fréquentent pas ces lieux, et ne sauront pas que j'ai pensé à eux (y compris, pour l'un d'entre eux, en mal :-) ). Mais venons-en au fait. Dans cet extrait, Pilate s'adresse à son frère, Titus. Au tout démarrage, il relate l'interrogatoire de Jésus. Pilate est le représentant de Rome en Judée, chargé, plus précisément, d'administrer la Galilée. A la fin de ce passage, il évoque Claudia, sa femme. Sous la pression du conseil du Sanhédrin (conseil religieux juif de Jérusalem), il a prononcé la condamnation à mort de Jésus, puis mené l'enquête (policière) pour tenter de retrouver son corps lorsque, 3 jours après sa mort, celui-ci disparaît de façon inexpliquée (la résurrection n'est pas prévue dans les textes romains). Et puis, petit à petit... - Tu es donc roi ? - Oui, je suis roi, roi d'un autre monde, d'où je viens, où je vais retourner, et qui reste, ici, à faire. Je suis venu en Palestine pour parler de la vérité. Tout homme qui s'intéresse à la vérité écoute mes paroles. - Qu'est-ce que la vérité ? J'avais dit cela comme on hausse les épaules, pour me débarrasser d'un visiteur importun. Qu'est-ce que la vérité ? Il y a la tienne, il y a la mienne, et celle des autres. En bon Romain formé au scepticisme grec, je relativisais. Toute vérité n'est que la vérité de celui qui la dit. Il y a autant de vérités que d'individus. [...] Mais la vérité n'est jamais une : c'est pour cela qu'elle n'existe pas. - Qu'est-ce que la vérité ? [...] - Qu'est-ce qui vaut ? Voilà comment le Juif avait tranformé ma question sur la vérité. Qu'est-ce qui mérite qu'on se batte ? Qu'on meurt ? Qu'on vive ? Qu'est-ce qui vaut vraiment ? [...] Je m'en plains souvent à Claudia : auparavant, j'étais un Romain qui savait ; maintenant, je suis un Romain qui doute. Elle rit. Elle bat des mains comme si je lui faisais un numéro de jongleur. - Douter et croire sont la même chose, Pilate. Seule l'indifférence est athée. Que cela vous renvoie vous aussi à quelque chose de particulier ou pas, voilà des éléments qui méritent réflexion... Vérité et réalité, croyance, doute et athéisme... Finalement, pour une année électorale, je vous recommande la lecture de L'Evangile selon Pilate... Mais le roman ne se termine pas seul : dans Journal d'un roman volé, E.E. Schmitt explique et développe ses réflexions, celles qui l'ont amené à écrire ainsi son livre. Et j'y trouve un passage qui me renvoie plus encore à un vieux débat, avec un éclairage nouveau... Très en colère, très rouge, quelqu'un s'indigne devant moi qu'en plein XXIe siècle, on puisse se demander encore si Jésus a existé, s'il était le fils de Dieu. Sornettes, crie-t-il ! Selon cet homme très sûr de lui, il est même ridicule de se poser la question ! J'en reste muet. Je ne réponds pas, par crainte de le blesser. Il s'estime intelligent, alors qu'il vient de nous prouver sa stupidité. Il s'imagine moderne, progressiste alors qu'il vitupère avec intolérance, qu'il tombe dans un fondamentalisme dangereux – comme tous les fondamentalismes –, le fondamentalisme athée, la doctrine fanatique de ceux qui se croient au dessus de tout, abusés par rien ni personne. Selon lui, tous ceux qui croient sont des imbéciles. Et lui qui ne croit en rien vit dans la vérité. Il ne lui est pas venu à l'idée qu'il se contente d'opposer une croyance à une autre croyance, une foi à une autre foi. La seule attitude intellectuelle honnête concernant l'existence de Dieu ou du Christ consiste à dire : "Je ne sais pas". L'agnosticisme doit demeurer notre base, à tous. Lorsque l'on dit "Je crois", on ne dit pas "Je sais". Ce que je crois n'est pas ce que je sais. Lorsque l'on dit "Je ne crois pas", on ne dit pas non plus "Je sais que ça n'est pas". Dans l'ordre de la vérité, ne pas croire à quelque chose ne donne aucun mérite supplémentaire. Restons humbles et mesurés. Une croyance athée ou une croyance chrétienne demeurent des croyances. Jamais une science. Et chacune mérite le respect qu'on doit adresser à toute conviction. Mon interlocuteur au visage écarlate de colère répond donc fièrement à des questions qu'il ne se pose même pas. Qu'il se les pose d'abord. Ensuite, peu importe la réponse. Ce qui compte, c'est la question. Nous sommes tous réunis sous la question, divisés par nos réponses. L'humanisme doit être interrogatif, sous peine de ne jamais exister.
Athéisme, agnosticisme, croyance religieuse... Doute, certitude, affirmation et vérité. Hummmm ! Mais, surtout, cela m'oblige à revoir ma position : d'agnostique, je découvre que je suis agnostique / athée (je ne sais pas ET je ne crois pas, ce que j'avais déjà exprimé), mais que je pourrais aussi être agnostique / croyant (je ne sais pas ET je crois) : savoir et croire ne s'excluent pas... En tout cas, je reste sous le charme de l'avant-dernière phrase : Nous sommes tous réunis sous la question, divisés par nos réponses. Si cela pouvait être médité par tous les tenants des divisions... 3月22日 Jusqu'où iront-ils ?Je ne sais pas si cela vous fait ça parfois, à vous aussi. Mais, régulièrement, je me dis, en entendant le récit des atrocités, des folies, des exactions de certains, je me dis, donc "là, c'est bon, on a touché le fond". Et, puis, comme pour les records olympiques, il se trouve toujours autre chose, une étape de plus, un nouveau stéroïde anabolisant de l'abjection pour venir repousser dans les ténèbres ce que j'imaginais être le summum...
J'ai entendu hier une émission (encore Mermet, décidément quand il décide d'être sérieux, et de ne pas être juste sectaire, c'est instructif...), sur les greffes d'organes en Chine.
Attention, ne nous réfugions pas d'avance derrière le fait que "c'est en Chine". Malheureusement, cela pourrait se passer n'importe où, si les conditions étaient réunies...
Bref, l'un des sujets du reportage, c'était les étranges campagnes de communication de cliniques chinoises qui proposent (via internet), à prix d'or, à des étrangers de venir se faire greffer des organes malades (foie, rein, cornée...). Ils offrent une série d'avantages (je peine à écrire cela...), dont, en particulier, la possibilité de prévoir l'opération à l'avance. Pratique, non ?
Et comment font-ils, pour prévoir ainsi ? Eh bien, c'est très simple : en réalité, ils greffent les organes prélevés sur... les condamnés à mort exécutés, dont on connait les groupes sanguins (un témoignage hier évoquait le fait que, dans certaines prisons, un prélèvement sanguin systématique serait effectué à l'entrée... dans quel but ?), et, surtout, la date d'exécution !
Lorsque vous savez que l'opération est facturée, suivant l'organe ciblé, entre 60.000 et 150.000 dollars, cela donne une idée du juteux filon que cela peut constituer.
Juteux et choquant. Choquant évidemment parce j'ai un doute sur la validité réelle du "consentement" des condamnés à mort (oui, en Chine aussi, le consentement est censé être obligatoire pour qu'un organe puisse être prélevé). Vous les imaginez, vous, dire "non, je refuse", alors qu'ils sont dans le couloir de la mort ?
Choquant, aussi, parce que, dans le même temps, l'Etat chinois continue à envoyer à la famille des condamnés la facture de la balle utilisée pour l'exécution... Il n'y a pas de petit profit, n'est-ce pas ?
Choquant, enfin, parce que, vu le prix des interventions, elles se retrouvent de fait réservées aux riches étrangers, alors que la Chine connait, pour sa propre population, de la même pénurie d'organes que tous les pays du monde.
Et des réseaux de rabatteurs existent visiblement dans plusieurs pays, chargés de faire passer l'information auprès des malades nécessitant des greffes, via les diasporas chinoises dans le monde entier (et ne croyons pas faire exception : des français seraient déjà allés profiter de ces "facilités"...).
En allant un tout petit peu plus loin, imaginons maintenant qu'un obscur prisonnier se retrouve en prison, allez, mettons les choses au pire, en préventive, et qu'il ait le malheur d'avoir un groupe sanguin rare, dont, justement, on pourrait avoir besoin. Imaginons que ce prisonnier ne soit pas riche, pas entouré, pas bien défendu. Et, surtout, que l'individu en attente de greffe ait du pouvoir, de l'argent, et peu de scrupules (mais non, je sais, c'est hypothétique, tout cela à la fois, ça ne peut pas exister...). N'y aurait-il pas un risque que cela influe, d'une façon ou d'une autre, sur le procès ? Et que ce prisonnier se retrouve condamné à mort plus pour arranger un riche en attente de greffe que pour répondre de ses actes, aussi délictueux soient-ils ?
Imaginons, quelques secondes, qu'un recours en grâce (si ce type de procédure existe en Chine) soit négligé parce qu'une greffe est déjà programmée ?
Imaginons que, comme certains ministres de l'intérieur en sont capables, on prévoit des arrestations non pas en fonction des dates d'élections présidentielles, mais en fonction de la demande d'organes ?
Imaginons que des réseaux s'organisent pour faire en sorte que soient "disponibles" les bons organes au bon moment au bon endroit ?
Oh, attention, je ne dis pas que cela soit plus abject que les prélèvements effectués sur des SDF capturés pendant leur "sommeil", dans divers pays. Je n'essaye pas de comparer. Toutes les forme de trafics autour de la vente du corps (ou de morceaux du corps) humain (trafics d'organes, esclavage, prostitution...) sont effrayants dans ce qu'ils disent de notre "humanité". Et je ne cherche pas de gradation dans l'horreur. Mais j'ai juste envie de crier, même dans le vide, même dans le désert. Tout cela me fait me sentir sale, juste de partager la même planète que des individus comme ceux-là. 3月19日 Je suis contre !Curieusement, je ne m'étais jamais vraiment interrogé sur la question. Comment ? Une question que je ne m'étais pas posé ? Ben oui, y en a encore, même si j'ai souvent tendance à travailler du chapeau...
Mais, à la radio ce matin, la question était évoquée, je conduisais Blaise à l'école, et, tout d'un coup, la réponse m'a paru évidente. Je suis contre. Contre quoi ? Contre le mariage homosexuel.
Quoi que je dise maintenant, je ne suis pas sûr d'être entendu. Parce que, maintenant, même en disant "attention, je n'ai rien contre les homosexuels", certains vont prendre cela pour une façon de me récrier. Mais, non, pour ceux qui sont prêts à m'entendre, je n'ai strictement rien contre les homosexuels. Je considère, et j'ai toujours considéré qu'il s'agit d'une question d'ordre privé.
Mais je ne vois pas le sens de réclamer le droit à un "mariage" homosexuel. Je précise que je n'aurais pas dit cela avant le pacs, parce que j'entend l'importance de pouvoir, d'une façon ou d'une autre, faire reconnaître des droits fiscaux, une "légitimité"...
Mais le mariage est pour moi une "institution", c'est à dire surtout une façon d'entrer dans un moule social. Dont l'utilité réelle, objectivement, me parait discutable. Je l'ai toujours considéré comme tel : y compris mon mariage était une "formalité" destinée à officialiser socialement un engagement pré-existant. Il n'ajoutait rien à notre relation. Il en était seulement une marque extérieure, un postiche social.
Alors quel serait le sens d'un mariage homosexuel ? Pourquoi vouloir entrer dans un moule, alors même que l'on sait depuis des années que l'on n'y est pas adapté ? Pourquoi ressent-on souvent ce besoin de se noyer dans la masse plutôt que de cultiver nos différences ?
Vous êtes hétérosexuel(le) ? Homosexuel(le) ? Certes, mais, rassurez-moi, vous n'êtes pas que cela. Alors pourquoi vouloir vous réduire vous même à cette part de votre être ? Battez-vous plutôt pour vos idées, pour défendre vos valeurs, pas votre appartenance à tel ou tel groupe.
Oubliez Panurge. Arrêtez de vouloir forcément ressembler à tous les autres (sinon, nous finirons par avoir tous le même nez, le même tour de taille, les mêmes lèvres - attention, essayons d'éviter le modèle "surgonflé, de grâce... -, vous aurez toutes les mêmes seins). On va sérieusement finir par s'emmerder ! 3月18日 Purs et impursRécemment, j'ai oscillé entre le rire et l'agacement. Mais le rire l'a emporté, et de loin. En plus, il était aussi irrépressible qu'il était intérieur. Forcément, j'étais au travail, et c'était à cause de la dinde que j'avais envie de me gondoler. Alors j'ai pris sur moi, et j'ai ri de l'intérieur. Je ne sais pas quel effet cela pouvait faire de dos, mais je crois qu'elle n'a rien vu. De toute façon, elle est beaucoup trop auto-centrée pour voir ce qui l'entoure... Mais revenons en au motif de cette franche partie de rigolade. La journée avait commencé en fanfare (entendez : "une pure cata"). Le site internet en rade... Quand la dinde est arrivée (c'est à dire en toute fin de matinée, je crois qu'il était 11h), elle a décidé, sitôt mise au courant, que c'était insupportable, et que, si ça se trouvait, c'est parce que la web agency n'y met pas les moyens nécessaires, et que c'est terrible parce que "ce qui est perdu est perdu". Bref, j'ai, à un moment, tenté de faire entendre la voix de la raison (la mienne, quoi !), en disant que nous avions tout intérêt à être vigilants, voire même à explorer toutes les pistes extérieures possibles et envisageables, mais qu'il me semblait, sur la base de mes (très faibles) connaissances en la matière, que nous ne devions pas forcément espérer trouver tellement mieux. Et qu'il ne fallait pas perdre de vue que la loi de Murphy veut évidemment (et, dans ce cas là, c'est encore plus évident) que ce soit quand le site est le plus chargé que le serveur s'effondre (nous avons une progression assez nette des connexions et des commandes depuis 2 mois). N'en démordant pas, et sentant de ma part une certaine résistance (objectivement, je n'étais que très modérément motivé à me retrouver une fois de plus entre l'arbre et l'écorce, entre la web agency et elle...), elle décide soudain, en fin d'après midi, d'appeler l'informaticien qui les suit, pour lui demander de contacter lui, avec son oeil technique, la web agency, et d'essayer de se forger son opinion. Solution qui me paraissait clairement la meilleure, et qui m'arrangeait absolument : j'étais dégagé de ce nid à emmerdes, ce qui me convenait parfaitement. Leur conversation a commencé par un badinage anodin, à l'occasion duquel elle a dressé un tableau apocalyptique de la situation, replaçant parfois à propos les quelques mots techniques qu'elle m'avait entendu employer l'après-midi même (bande passante, notamment, qu'elle a casé assez astucieusement !). Puis, la conversation a dévié. Très précisément lorsqu'elle lui a indiqué qu'elle préférait qu'il appelle car, si c'était nous qui le faisions, ils pourraient nous répondre n'importe quoi, nous ne saurions pas déterminer si c'était exact techniquement ou pas. Car "nos interlocuteurs, ce ne sont que des commerciaux". Le grand mot était lâché. D'autant plus amusant lorsque l'on sait que l'entreprise qu'elle co-dirige avec son mari ne fait rien d'autre, et que l'on voit comment elle mal-traite certains de ses propres clients... Mais elle n'en est pas à ce paradoxe là. Je le connais suffisamment, lui, pour savoir ce qu'il a répondu. Il est très sympa, mais fait partie de ces informaticiens qui considèrent que le "commercial" et le "marketing", c'est sale et impur. Oui, impur. On se salit les mains à ce type de métiers. Et là, je me suis trouvé replongé dans le passé. Quand, une fois l'an, croisant ma grande soeur, revenant de son école d'ingénieur en... informatique, m'était tombé sur le dos, à moi qui arrivait de mon école de... commerce, pour me servir ce même style de discours. Il est un pur, elle est une pure. Et je suis un odieux impur. Un vampire nécrophage, tout juste bon à sucer le sang de mes pauvres victimes. Alors qu'eux sont contraints de constater les dégats du haut de la tour immaculé d'où ils contemplent le pauvre monde qu'ils voudraient pourtant aligné sur leur pureté. Manque de chance, je ne me sens ni l'âme, ni la peau d'un vampire nécrophage. Ni même d'un (ô combien plus vulgaire) parasite. Et, quel que soit l'angle sous lequel je les regarde, je ne suis pas plus ébloui que cela par leur pureté. Oh, certes, ils ne veulent pas entendre que, s'il n'y en avait pas pour aller, parfois, se salir les mains, ils ne seraient pas là, drapés dans leur tuniques éclatantes de blancheur. Mais pourtant, que serait leur pureté, quoi servirait-elle, si elle n'était relayée et soutenue par la racaille que "nous" sommes ? Heureusement, je ne me sens plus atteint autant qu'autrefois par ces discours dont la banalité n'a d'égale que l'inexactitude. Je ne nie pas qu'il existe des commerciaux redoutablement escrocs, évidemment. Mais autant que des "purs" arnaqueurs ! Jai failli, à un moment, intervenir (ce qui aurait été la pire erreur à commettre, soit dit en passant) pour replacer le débat dans son contexte, et essayer de faire entendre qu'à demander une solution technique "0 défaut", elle ne faisait rien d'autre qu'appeler justement au crime, en demandant une chose impossible auquel seul un commercial dévoyé pourrait oser garantir... et qu'en se comportant ainsi, elle faisait tout pour se faire mettre grave. Démontrant par la même occasion que je suis définitivement à classer dans la catégorie des impurs, je me suis laissé effleurer par l'idée que, finalement, c'était peut être cela qu'elle attendait, réellement. Ce qui a contribué à relancer mon éclat de rire silencieux. Et intérieur. Je vous raconte pas le bordel que c'était à l'intérieur de moi, un vrai tsunami... D'ailleurs, ce soir, j'en ai encore des traces, comme des courbatures... 3月16日 Merci la mairie d'Orléans...Parfois, il est de petites péripéties qui prennent une saveur particulière... Douce, douce-amère, et parfois carrément aigre. Grâce à la mairie d'Orléans, ce matin, c'était côté aigreur.
Imaginez la situation. Comme tous les nantis, je me suis payé le luxe de partir en vacances. Une semaine. Puis de ne pas rentrer immédiatement chez moi. Et, enfin, de finir ce périple de presque 3 semaines par mon escapade habituelle en Belgique, durant laquelle je m'acharne à faire rentrer des "devises" (même si ce ne sont que des euro).
Et je suis rentré hier soir.
Ce matin, histoire de me débarrasser de l'administratif (cette plaie suppurante dans ma vie), j'ai filé déposer les papiers dont ma comptable à l'usage pour la déclaration de TVA. Puis je suis aller chercher ma voiture.
Et là... Plus de voiture. Pourtant, j'avais bien l'impression de l'avoir laissée là. Oui, LA ! Sur l'avenue Dauphine. Oui. Une avenue dont la plupart des places sont non payantes, et où j'étais venu me garer exprès, en évitant soigneusement les places en zone bleue. Or donc, j'étais sur un emplacement autorisé.
Ceux d'entre vous qui lèvent le sourcil (oui, vous, et vous !), bravo. Vous êtes bien informés. J'étais dans mon tort, effectivement, car nul n'est autorisé à laisser son véhicule stationné à la même place plus de 7 jours d'affilée. Certes. Mais, quand même !
Mais, le plus beau, c'est que savez-vous pourquoi j'ai obtenu le droit de faire garder ma voiture 10 jours à la fourrière durant mon absence ? Eh bien c'est tout simple : il a fallu qu'ils procèdent à l'élaguage des arbres de l'avenue pendant mon absence !
Autrement dit, je viens, mine de rien, de lâcher 235 euro parce que l'avenue où j'étais garé en toute légalité a été élaguée pendant mes congés. Et on s'étonne que j'ai les dents qui grincent ?
D'autant que cela me rappelle que, sur les 4 fois, en tout et pour tout, où je me suis retrouvé en fourrière, il y a eu une autre occasion, à Versailles, où j'avais raté le changement de côté (vous savez, ces rues où le stationnement est autorisé d'un côté puis de l'autre, tous les 15 jours), parce que je venais de me faire opérer.
Je crois que le sort me poursuit. Opérations ou élaguage, rien ne me sera épargné.
Mais, finalement, j'ai presque été rassuré en apprenant que ma voiture était en fourrière. Car sinon, c'est qu'elle avait été volée, et cela m'aurait coûté encore bien plus cher. Alors ? Alors, merci la mairie d'Orléans, d'avoir pris soin de mon véhicule. Quel soin de vos administrés.
J'ai d'ailleurs eu le plaisir de constater que cette attention ne s'est pas appliquée qu'à moi, et est étendue équitablement à mes concitoyens : il m'a fallu faire 5 bureaux de tabac pour trouver mon timbre-amende. Ils ont tous été dévalisés en timbres-amende depuis 15 jours. Mais, ça, c'est sans doute un hasard... 3月8日 Journée de la femme...Alors, comme ça, c'est la journée mondiale de la femme...
Je sais que ce n'est pas très original, mais je n'arrive pas à m'enlever de l'esprit que, après la journée mondiale de la lutte contre le cancer (7 mars), la journée internationale des enfants soldats (12 février), la journée mondiale sans téléphone mobile (6 février), la journée mondiale des lépreux (30 janvier), la journée nationale de dépistage de l'obésité infantile (8 janvier), la journée internationale des personnes handicapées (3 décembre), la journée mondiale de lutte contre le SIDA (1 décembre), la journée nationale de la trisomie 21 (25 novembre), la journée mondiale contre les broncho-pneumopathies chroniques obstructives (17 novembre), la journée mondiale du diabète (14 novembre), la journée mondiale du psoriasis (29 octobre), la journée mondiale de l'ostéoporose (23 octobre), la journée mondiale du bégaiement (22 octobre), la journée mondiale pour l'épilepsie (21 octobre), la journée mondiale de la ménopause (18 octobre), la journée internationale de la canne blanche (15 octobre), la journée mondiale de sensibilisation aux hépatites (1 octobre), la journée mondiale de la surdité (25 septembre), la journée mondiale de lutte contre la tuberculose (2 juillet), la journée mondiale sans tabc (31 mai), la journée nationale de dépistage du cancer de la peau (24 mai), la journée nationale de l'autisme (16 mai), la journée mondiale contre l'hypertension (14 mai), la journée mondiale de la fibromyalgie (12 mai), la journée africaine du paludisme (25 avril), la journée mondiale de l'hémophilie (17 avril), la journée mondiale de la maladie de Parkinson (11 avril), il était temps de créer une journée contre la pathologie qui touche plus de la moitié de l'humanité, la féminité (ou tude, c'est selon...).
Je préfère ne même pas citer la journée mondiale des animaux (6 octobre)...
Je n'ai pas pu ne pas remarquer, au passage, la journée mondiale du pied, ni, évidemment, la journée internationale des zones humides (???).
Ou bien faut-il plutôt rapprocher cette journée de la journée mondiale de la Poésie ? De la Tolérance ? De la Paix ? Mais est-ce si certain que cela ? Y a-t-il réellement un lien ?
En tout cas, moi, j'attends avec une impatience que je ne vous dissimulerai pas davantage le 17 mars prochain. Et je vous promet de fêter dignement la journée mondiale du sommeil. Enfin quelque chose de sérieux dans ce monde dévoyé...
Allez, j'en profite quand même pour vous embrasser, tant pis pour vous. D'un coup, je m'interroge... Comment se fait-il que Technorati positionne ce billet en quatrième position à la requête "ménopause" ? Il me semble qu'il y a comme une erreur, une approximation. Je n'ai pourtant pas parlé de la journée mondiale de la ménopause. Je n'ai même pas fait la moindre allusion déplacée... Si ? Ah bon ? Pourtant, c'est pas tellement mon style. Enfin, quoi que... 3月7日 Des conneries à la louche...Je suis en train d'entendre Eliette Abecassis, à la radio. Je n'ai pas d'avis sur cet écrivain, je n'ai rien lu d'elle. Mais, mon Dieu, comment peut-elle, dans cette interview, enfiler autant de lieux communs et de constats idiots ? Ce qu'elle dit peut-il être ce qu'elle veut dire, ou bien se laisse-t-elle emporter par le fil de la discussion ?
Je vous en cite quelques uns en vrac :
- les hommes n'ont pas peur de vieillir
- les femmes sont aujourd'hui soumises au diktat de la jeunesse et de la forme
- les femmes sont contraintes par la peur à mincir, à acheter des crèmes et autres produits de beauté
Ca m'énerve. C'est encore une fois une simplification idiote et abusive d'une situation qui est sensiblement plus complexe. Et, parce qu'elle est connue et publiée, cette femme va encore contribuer à accroître l'incompréhension entre hommes et femmes, mais, aussi, sans doute, entre les femmes elles-mêmes et, probablement, les hommes eux-mêmes.
Mais quand acceptera-t-on enfin de considérer les individus comme des individus ? Uniques, ou, au moins, pas forcément réductibles à telle ou telle case ?
Ressasser ces clichés, c'est aussi contribuer à classifier, à organiser, à graver dans le marbre des obligations auxquelles, ensuite, les hommes et les femmes se sentent obligés de ressembler.
Oui, chaque cas est particulier. Oui, chaque être vivant à le droit (le devoir ?) de ne pas penser comme son voisin. Oui, le fait de vivre en société nous oblige, par moment, à devoir transiger, mais cela ne signifie pas renoncer à notre individualité.
Bref, je revendique le droit à avoir peur de vieillir, même si je suis un homme. De même que je revendiquerais le droit de ne pas avoir peur de vieillir si j'étais une femme. Et celui d'utiliser ou non tous les produits que je veux si cela m'aide à mieux le supporter. Je revendique le droit d'être influencé par les discours idiots des magazines féminins et masculins sur la forme, la jeunesse. Mais je m'autorise aussi à en penser ce que je veux, à m'en détacher, à négliger leur avis. Je revendique le droit d'être bien dans ma peau parce que ce sont les messages que m'envoie mon corps... et, tout autant, celui d'être mal dans ma peau parce que mon corps m'enverrait ce message. Je revendique même le droit d'avoir des attitudes féminines, et masculines, d'un moment à un autre. Bref, je revendique le droit d'être moi, et rien d'autre, rien de plus, mais rien de moins.
Alors, de grâce, cessez. Je ne suis pas "homme", pas plus que "français" ou "européen". Je suis moi, Thierry, avec mes forces et mes faiblesses, avec mes rêves et mes envies. Qu'ils soient partagés par d'autres, ou non, peu m'importe. Je ne me résume ni à mon statut social, ni à ma "race", ni à ma nationalité, ni à mon sexe, ni à quelque autre critère réducteur que ce soit.
La seule chose à laquelle j'accepterais éventuellement d'être réduit, c'est à mon système de valeurs. Là, peut être, je pourrais considérer que ceux avec lesquels je le partagerais seraient sans doute les plus proches de moi. Mais je refuse toute autre assimilation, intégration, fusion... 3月5日 Rappel salutaireJ'ai profité des vacances pour lire.
Oh, je sais, rien de bien surprenant ici... Même quand je ne suis pas en vacances, je lis.
Mais ce n'est pas le sujet. Non, le sujet, c'est le livre que j'ai lu, La Part de l'Autre, de Eric-Emmanuel Schmitt. L'idée de ce livre (géniale, l'idée), c'est de suivre l'évolution parallèle au départ, puis de plus en plus éloignée, de deux personnages : Adolf Hitler, d'un côté, à partir du 8 octobre 1908, jour où il est refusé à l'Ecole des Beaux-Arts de Vienne, et Adolf H., qui, lui, est admis dans cette même Ecole.
Ce que je retiens de ce livre, c'est qu'Adolf H., même s'il est appelé à devenir un peintre, à épouser une juive, s'il s'éloignera de la violence et de la folie que nous connaissons d'Hitler, n'est pas un personnage sympathique.
La lecture de la postface, dans laquelle Eric-Emmanuel Schmitt parle de l'écriture de ce livre et des conflits auxquels il s'est exposé à cette occasion, est extrêmement intéressante. Il insiste sur le fait qu'il est très difficile d'écrire sur Hitler, dont la plupart d'entre nous voudraient pouvoir l'exclure de l'humanité, lui nier toute proximité avec nous.
Alors qu'en réalité, il y a en chacun de nous une part de germes de ce qui a pu amener le véritable Hitler à son parcours haluciné et hallucinant. Il est trop "facile", et, surtout, radicalement faux, de le décrire comme inhumain : il est au contraire parfaitement humain, ce qui n'explique et ne justifie naturellement rien.
Ce serait, je crois, une lecture (ou, j'espère, une relecture) particulièrement utile pour tous ces journalistes qui, élections présidentielles oblige, s'interrogent sur la meilleure façon de rendre compte des actions de l'extrême droite. Remettre juste les hommes et les femmes qui portent ces idées à leur place, face à leurs responsabilités et à leurs choix. Sans chercher à leur dénier une humanité à laquelle, certes, ils ne font pas honneur, mais qui est inconditionnellement liée à leur état.
Bref, j'ai lu. J'ai aimé. Et cela m'a fait avancer. |
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