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6月26日

Le jour où... (28)

... j'ai oublié d'être jaloux

Lorsque j'y réfléchis, avec du recul, aujourd'hui, je me rends compte que je n'étais plus réellement amoureux quand nous nous sommes séparés, mon ex-femme et moi. Je m'en suis rapidement remis, finalement, même si naturellement, cela m'a paru terriblement long et douloureux.

Et puis, un jour, j'ai su que cette histoire était derrière. Derrière moi. Que la page était tournée. Oh, je ne dis pas qu'elle n'a plus d'impact sur ma vie : je pense que les personnes que nous aimons restent toujours avec nous, d'une façon ou d'une autre, même si la vie nous sépare.

Mais nous pouvons néanmoins tourner les pages, après en avoir fait le tour. Appris ce que nous avons à en apprendre. Souffert ce que nous avons à en souffrir. Et pris ce que nous avons à en prendre.

Ce jour-là, nous étions en train d'arriver à l'école. Je m'apprêtais à déposer Blaise. C'était un matin comme un autre, du moins c'est ce que je croyais. Et puis...

Et puis Blaise s'est retourné vers moi. Il m'a regardé, de ses grands yeux, et m'a dit, l'air très sérieux : "Tu sais, tu seras toujours mon papa". Je connaissais depuis quelques semaines l'existence de D., le copain de mon ex-femme. Heureusement que j'avais déjà bien digéré, sinon, je crois que j'aurais risqué de vomir mon petit-déjeuner sur place. Mais j'avais déjà réfléchi à ce que je lui dirais le jour où il me poserait cette question qui n'en était pas (encore) une.

Comme nous étions en avance, nous avons pu prendre le temps. Je me suis mis à sa hauteur, et je lui ai fait préciser ce qu'il entendait par là. Et il a fini par me cracher sa Valda. Comment, à son âge, et avec sa vision de petit garçon de 5 ou 6 ans, se comporter face à une situation dont il savait que j'avais souffert ?

Alors je lui ai dit que j'étais heureux qu'il s'entende bien avec D. Que je serais toujours son papa, mais que cela ne l'empêchait pas d'aimer d'autres personnes que moi. Et que la seule chose qui m'importait, c'était qu'il soit bien avec D., avec sa maman, avec moi. Et que, si D. n'était pas et ne serait jamais son papa, cela ne l'empêchait pas de l'aimer. Que quand moi j'aimais quelqu'un d'autre, cela ne modifiait pas mon amour pour lui, et que l'inverse était vrai. Que si j'avais un jour d'autres enfants, cela ne changerait pas sa place. Et que l'amour ne se partage pas : il peut se multiplier, pas se diviser.

J'ai lu beaucoup de choses dans ses yeux pendant que je lui parlais. Mais j'ai surtout vu dans ses yeux que c'est ce qu'il avait besoin d'entendre, et il est parti rejoindre ses copains tout guilleret. Moi, je suis reparti bouleversé, mais content. J'avais tourné la page. J'avais répondu à sa question. La page était bien tournée...

Depuis, j'ai réfléchi à ce moment. Je me suis demandé si c'était normal de ne pas être "jaloux". Mais je sais que Blaise ne me prive pas de son amour ; je ne perds rien, et lui y gagnait la possibilité de laisser parler ses sentiments.

6月23日

Le jour où... (27)

... j'ai connu mon premier orgasme
 
Troublé et ravi, g ossi aimé ça !
 
Mais vous n'en saurez pas davantage... Tant pis pour les curieux !
6月21日

Le jour où... (26)

... j'ai pris Marianne dans mes bras
 
Je renoue... Je renoue les fils. Les histoires ?
Voilà quelques mois... en fait, plus d'un an, mon dieu que cela a passé vite... j'ai interrompu la série. Mais je n'avais pas tout dit. Il reste quelques épisodes, récents ou plus anciens.
En voilà déjà un.
Un jour...
Un jour de mariage. Ce doit être mon émotivité naturelle, mais, souvent, les mariages me touchent. Non pas pour ce qu'ils signifient pour le couple (à mon sens, rien !), mais pour le message qu'ils véhiculent. Mais, bref, ce n'est pas le sujet.
Il faisait presque beau. Nuages, gouttes de pluie et éclaircies se succédaient.
Après avoir finalement déniché la mairie, particulièrement bien dissimulée, Madame le Maire nous accueille. Il ne manque pratiquement plus que les mariés. La cérémonie va se dérouler dans le jardin de la mairie, près du saule. Une table est finalement installée. Ne manquent plus que les deux symboles sans lesquels le mariage ne peut se faire. Madame le Maire, sans même un tirage au sort - sur ma bonne mine ? - me désigne. Je n'ai rien demandé.
 
Que retiendront les personnes présentes de cette journée ?  Les mariés, bien sûr, finalement arrivés et mariés juste avant l'averse. Et, peut être, un grand garçon inconnu (pour la plupart), qui enlaçait Marianne.
Et moi ? Moi, je retiendrai, entre autres, que j'ai, un instant (pour un instant seulement), tenu la République à bout de bras. Avec l'angoisse de la laisser tomber : le buste en plâtre se serait probablement brisé sur le gravier.
Ce buste un brin kitsh, ni Leatitia Casta, ni Catherine Deneuve, ni Brigitte Bardot, ce buste qui n'est rien mais qui pèse plus qu'il n'est.
 
J'ai serré Marianne dans mes bras. Début d'une ambition politique ? Non, seulement un instant suspendu...