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21 settembre Alexis-Felix ArversJ'ai la chance... nous avons la chance, dans la famille, de posséder quelque chose de précieux : lorsque mon premier grand-père est mort, nous avons demandé à ma grand-mère d'écrire ce qu'elle savait de sa vie. Vous savez comment les choses se passent, en général : les "histoires de famille", entendues dans le désordre, et au fil de l'inspiration, peuvent rapidement s'embrouiller, se mélanger. En tout cas, pour ma part, j'avais bien du mal à remettre dans le bon ordre les différentes pièces du puzzle.
Résultat, nous possédons chacun, écrit de sa main, notre exemplaire de ce récit qu'elle a fait de ce qu'elle sait de lui. Et, prise au jeu, elle s'est ensuite livrée à ce même exercice la concernant, et, enfin, parce que cela l'avait amené, en quelque sorte, à faire un retour en arrière, elle s'est amusée à nous livrer un petit "guide" des vieux métiers qu'elle avait connu lors de son enfance à Paris.
J'ai relu, ces derniers jours, la partie qui la concerne. Une trentaine de pages. Avec de ces petites choses insignifiantes, et de ces grands moments qui changent une vie.
Et, je vous l'avoue, j'ai été terriblement ému de relire ce poème qui avait pour eux une signification très forte, et qu'elle a placé en fin de récit :
Le sonnet d'Arvers
Ma vie a son secret, mon âme a son mystère,
Un amour éternel en un moment conçu.
Le mal est sans espoir ; aussi j'ai dû le taire
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.
Hélas ! J'aurais passé près d'elle inaperçu,
Toujours à ses côtés et pourtant solitaire.
Et j'aurais, jusqu'au bout, fait mon temps sur la terre,
N'osant rien demandé et n'ayant rien reçu.
Pour elle, quoique Dieu l'ai faite douce et tendre,
Elle ira son chemin, distraite et sans entendre
Le murmure d'amour élevé sur ses pas.
A l'austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle :
Quelle est donc cette femme ? et ne comprendra pas
Je ne me reconnais heureusement pas dans ce sonnet... Mais, par curiosité, j'ai été consulter quelques éléments sur la vie de cet Arvers, Alexis-Félix de son prénom. Et j'ai trouvé cela intéressant...
Aussi j'avais envie, pour ceux qui connaissent, de vous le rappeler, et,
pour ceux qui ignoraient, de vous le faire découvrir.
Pour les renseignements additionnels du Alexis-Félix Arvers, c'est ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9lix_Arvers.
Certains de vous y trouveront, entre autres, des pastiches de ce sonnet qui pourraient leur paraître plus à leur goût... 18 settembre De l'envie...Par hasard, je suis retombé sur un vieux bout de texte... écrit, puis abandonné il y a plusieurs mois. Mais, en le survolant, il m'a rattrapé, et j'ai eu "envie" de le compléter, de le terminer... de le publier.
Et le voilà, dans sa version du jour...
Il est parfois (souvent ?) difficile de décrypter les raisons de tel ou tel d'agir dans un sens ou dans un autre. De temps en temps, le message nous paraît suffisamment clair... mais est-ce bien le bon, ou seulement notre propre façon de percevoir les choses ? L'un des moteurs que j'ai le plus de mal à décrypter, c'est l'envie. Sans doute parce que, chez moi, elle se manifeste peu. Je ne veux pas dire par là que je n'ai pas d'envies. Mais que j'ai appris (oui, je crois que c'est quelque chose de culturel) à ne pas les laisser s'exprimer. Je les réfrène, je les ignore. Et je ne les comprend pas. Je ne trouve pas que ce soit un sentiment noble, que d'avoir envie. Je déteste tout le côté "envieux", au sens de désirant quelque chose que quelqu'un d'autre aurait. Autant je trouve positif le désir, autant l'envie me paraît de mauvais goût. Le désir est noble, l'envie est pervertie. La volonté est louable, l'envie est dégradante. Le courage est positif, l'envie est négative. Tout cela est terriblement judéo-chrétien. Mais, oui, je crois que l'on obtient souvent ce que l'on mérite, que l'on provoque ce que l'on reçoit. Pourtant, depuis quelque temps, j'apprivoise l'envie. J'apprends à la respecter, et, dans le même temps, à me respecter quand elle me guide. Je suis le fruit de mon parcours. Parfois heurté, parfois difficile, parfois involontaire. Mais qui, désormais, me permet de savoir qui je suis (à quelques flous près), ce que je veux (à quelques approximations près), et ce dont j'ai envie. Chaque étape de ce parcours chaque, chaque marche franchie avait son rôle. Je ne regrette rien, et, surtout, pas le temps perdu à apprendre à devenir moi. J'ai eu beaucoup de chance, j'en ai encore aujourd'hui. Je suis en paix avec moi-même. Et j'ai singulièrement envie que cela continue... Ce qui ne me tue pas me rend plus fort...Du moins est-ce ce que l'on dit, n'est-ce pas ? Eh bien, aujourd'hui, je suis tenté de plaggier cette formule, et de la tourner plutôt ainsi : "Ce qui ne m'atterre pas me fait rire". Malheureusement, je suis atterré. J'ai, une fois n'est pas coutume, laissé en fond sonore l'émission de Daniel M., que souvent je zappe. Et, toujours dans son registre alter, anti, contra, revendico-militantiste... il a livré aujourd'hui un nouvel opus sur les immigrés. Mais, cette fois, une petite surprise nous attendait. Car il s'agissait d'immigrés d'un genre un peu particulier : des français, émigrés en Belgique pour échapper à l'atroce pression fiscale qui nous écrase. Je vous passe les noms les plus célèbres, de ces grosses fortunes qui, pour pouvoir continuer à gagner plus (et, pire, sans même travailler plus, dites voir !), ne pouvaient tolérer de payer l'ISF, et ont choisi de franchir le pas, pour aller derechef s'installer Outre-Quiévrain. Ces courageux expatriés, ils se sont exprimés. J'ose croire que le journaliste, parce que cette émission est tout de même connue pour être assez extrêmiste, a spécialement choisi ses intervenants. Je veux penser que certains ont encore un tout petit peu les pieds sur terre, contrairement à ceux qui ont choisi de parler. A cette occasion, a été citée parmi les représentants de ce groupe de déracinés quelqu'un qui aurait pu, à 3 ou 4 ans prés, être une "camarade de classe". Je me sens donc autorisé, contre toute attente, à la nommer : Virginie Taittinger, qui est passée par la même école que moi. Oh, certes, déjà à l'époque la vie était dure, pour elle, et elle n'a pas pu suivre très assidument la scolarité. Mais ceux qui étaient à l'école se rappelaient encore avoir entraperçu à quelques sa Porsche garée sur le parking. Et voilà bien la preuve ! Etudiante, en France, elle ne pouvait se déplacer que dans une toute petite voiture. Oh, puissante, certes, mais c'était bien le moins pour que sécurité fut assurée, n'est-ce pas. Nul doute qu'aujourd'hui, elle peut enfin, dans les rues de Bruxelles, se déplacer dans un équipage plus digne de son rang. "Quel rang ?", se demandent certains ? Mais celui d'héritière du groupe Taittinger, qui, sorti du champagne en 2005, s'est alors concentré sur la Société du Louvre (quelques hôtels - le Crillon, le Lutetia, le Martinez -, un peu de luxe - Baccarat, Annick Goutal -, un peu d'immobilier...). Bref, quelqu'un qui a souffert dans la vie, et qui a du s'échauffer longtemps, avant de se baisser pour ramasser ce qui était à ses pieds (il eut été dommage, naturellement, qu'elle ne s'abîmât les lombaires à cette occasion). Tonalité de l'émission ? Ces pauvres riches ont été considérés comme des pestiférés, lorsqu'ils ont quitté la France. Voyez-vous cela ! Trève de plaisanterie. Venons-en au fait. Je n'ai jamais considéré comme indécent que certains, lorsqu'ils créent quelque chose, en tirent les fruits. Et que, si le succès est au rendez-vous, que les fruits en question soient volumineux ne me choque pas davantage. Car, après tout, ils ont essayé, pris le risque, osé. Et que tout le monde n'en est pas capable. La question n'est pas là. Bêtement, je suis choqué par l'individualisme forcené que démontre cette attitude d'expatriation fiscale. Ces personnes ont bénéficié du système français. Ils ont réussi, par leur mérite, mais aussi, obligatoirement, parce que le hasard (que l'on peut appeler "génie des affaires" ou "concordance dans le timing") a joué en leur faveur. Le succès ou l'échec ne tiennent souvent qu'à un fil, qu'à un petit impondérable qui peut même passer inaperçu. Mais, s'ils étaient nés ailleurs, peut être la pièce serait-elle retombée sur l'autre face. S'il s'agissait de nécessité, je comprendrais, et j'admirerais, même, le fait qu'ils partent. Mais pas pour cette motivation là. J'admire ceux qui osent partir, loin, plonger dans l'inconnu. Même si leurs motivations ne sont pas totalement pures, ne soyons pas bêtement romantiques. Personne n'est idéalement parfait. Mais là... Désolé, ça me donne envie de gerber, pas de comprendre. Je n'arrive pas à pleurer aux histoires de pauvres petites filles riches. |
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